La saisonnalité du marché des combustibles solides é une réalité physique incontournable. Cependant, l'ampleur des variations hivernales du granulé de bois dépend de facteurs industriels précis qu'il convient de décrypter rationnellement.
1. Le goulot d'étranglement de la logistique d'acheminement
La production de pellets s'effectue de manière linéaire tout au long de l'année. En revanche, la demande domestique et collective se concentre à 80% entre les mois d'octobre et de mars. En période de grand froid, les flottes de camions souffleurs et de transporteurs de palettes sont sollicitées à leur capacité maximale. Cette saturation logistique induit des coûts additionnels de transport rapide (frais de dépêche, heures supplémentaires) répercutés directement sur le prix de livraison finale.
2. L'accès à la matière première ligneuse (connexes de scierie)
La fabrication de granulés repose majoritairement sur la valorisation de coproduits de l'industrie du bois d'œuvre (sciures et copeaux de résineux). Or, l'activité des scieries ralentit structurellement en hiver en raison de la baisse d'activité du secteur du bâtiment et des difficultés d'exploitation forestière en période humide ou de gel. Ce resserrement temporaire de l'offre de sciure fraîche oblige parfois les pelletiers à broyer des bois ronds de trituration (plus onéreux à transformer en raison du séchage requis) ou à puiser dans leurs stocks stratégiques d'été, ce qui renchérit le coût de revient unitaire de la tonne produite.
3. Stratégies de couverture pour les gestionnaires d'actifs
Pour lisser cette saisonnalité, les acheteurs professionnels recourent de plus en plus à des contrats d'approvisionnement triennaux prévoyant des livraisons planifiées dès la période estivale (juin à août), période durant laquelle les prix enregistrent historiquement un rabais technique de 10% à 15% par rapport aux sommets de janvier.